Etude Urbaine – Saint Gilles (30)

  • Lieu:
    Saint Gilles (30)
  • Mission:
    Etude de faisabilité urbaine et architecturale
  • Equipe:
    Stéphan HERMET, Françoise BOTTERO, Guilhem Bastide Architectes Associés
  • Maîtrise d'ouvrage:
    Société d’Aménagement du Territoire (SAT)
  • Surface:
    1616 m² hab. Assiette foncière 2719 m²
  • Date de livraison:
    Etude rendue en 2015

La complexité, la densité historique, les richesses patrimoniales remarquables, la topographie font de ce site un objet d’étude très particulier. Chacune de ces qualités prise séparément suffirait à définir des exigences urbaines fortes, or ces qualités se superposent, s’entremêlent, se juxtaposent sur ce lieu si particulier.

Détails

Une couture urbaine

 Il ne s’agit pas d’un terrain anonyme, banal, ou chaque mètre carré est identique ou presque.

Le terrain n’est pas un morceau de ZAC dans un champ de betteraves ou les choses sont identiques 200 mètres plus loin, il ne s’agit pas d’un site banalisé, générique.

Les enjeux viennent à la fois du contexte urbain fort issu de l’environnement proche du site et d’éléments architecturaux importants situés sur le site même. Si l’environnement proche donne des qualités au site, le processus est aussi réversible : l’intervention sur le site ne sera pas neutre dans son environnement, elle rejaillira sur la ville proche.

Il est donc important de bien mesurer les enjeux, les exigences connexes à ces enjeux afin de définir les caractéristiques précises d’un projet urbain qui tirera profit du contexte et ira plus loin en restituant au lieu les richesses qui le font exister.

Le projet urbain devra être vu comme le révélateur de qualités existantes, en apportant un grand soin dans sa lecture, sa compréhension d’abord, puis la définition de valeurs à préserver, à protéger avec soin et en fin dans un troisième temps modestement  tenter d’amplifier ces aménités, de trouver dans des réponses contemporaines l’écho de qualités urbaines et architecturales intemporelles.

Cela passera par un travail de couture urbaine sensible entre le projet et ses différents avoisinants, prenant en compte les qualités réelles présentes, leurs spécificités.

Un des axes de travail consistera par exemple à s’appliquer à constituer la rue (rue Salle d’Asile et rue Marcel Pagnol). En effet, dans son positionnement sur le site, la maison de retraite actuelle est une forme de démonstration par l’absurde de la nécessité de constituer les rues par une implantation respectueuse des bâtiments. Le bâtiment de la fin des années 70 s’est installé sur sa parcelle,  » au milieu », dans un recul sur la rue générant autour de lui des espaces résiduels sans réelle qualité.

Ce positionnement génère intrinsèquement ces non lieux périphériques, et les propose comme interface avec la ville, un grillage sur la rue.

L’échelle du bâtiment en R+4 constitue aussi une rupture avec les gabarits des îlots urbains voisins. Le tissu, la trame urbaine autour du projet est caractérisée par des immeubles en RdC, et R+1, exceptionnellement en R+2.

Imposer cette massivité, double de l’existant proche, déstructure et perturbe la ville. Ce grand corps bouche l’horizon de la vieille ville vers les faubourgs et la plaine et projette ses grandes ombres sans vergogne. Mais l’impact d’une telle erreur d’échelle est aussi et presque surtout perceptible depuis l’entrée Ouest de la ville (RD14): cette masse sans qualité impose en effet sa présence obscène en profil urbain, comme élément marquant du paysage avec une présence qui  outrepasse celle de l’Abbatiale. Sans doute caractéristique de l’arrogance pseudo-moderniste du XXème siècle, d’une forme d’autisme face au contexte, au monde extérieur, précisément ce que le projet urbain devra éviter ici.

Le projet doit être le prolongement intelligent de la morphologie et de l’échelle de la ville.

Le site commande aussi le projet, et ici plus qu’ailleurs.

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